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Pourquoi le repentir est si terriblement éprouvant ?

Avec le temps, je me suis posé énormément de question

est-ce que ce repentir, c’est juste le regret parce qu’on subit les conséquences de nos péchés sur nos vies, ou l’épreuve qui suit ?

Ou est-ce réellement la peur d’Allah ?

Est-ce que se repentir, c’est un acte d’adoration, ou est-ce que je suis en train d’essayer d’éteindre une partie de mon âme qui regrette ?

Faire semblant de demander pardon me libérait du fardeau de la culpabilité, mais j’ai fini par comprendre que ce n’est pas juste prier un soir et pleurer. C’est un peu plus que ça.

Le repentir est plus précis que les excuses. Plus intense, plus fort, et surtout avec plus de responsabilités.

Se repentir, c’est revenir à Allah pour Allah, et pas pour son ego, sa dignité ou les conséquences.

Sans oublier l’importance d’avoir une totale conviction que si ton cœur le veut, Allah lui pardonnera.

Je vous rappelle juste que chaque péché noircit le cœur.

Je crois que c’est l’illustration la plus forte que je puisse avoir. J’ai peur d’avoir un cœur noir, et je suis consciente et convaincue qu’il pourra revenir à Allah de la même manière qu’Il me l’a donné.

Non pas parce que je suis un être rempli d’orgueil, à croire que je suis aussi parfaite que les anges, mais parce que je suis l’être le plus aimé d’Allah : celui qui Lui revient, celui qui a la capacité de revenir vers Celui qui l’a créé.

(Je ne parle pas de ma personne, je parle du fait que je suis un être humain.)

Toutes les repentances ne se valent pas.

Il existe des niveaux et des formes de repentir.

Le repentir n’est pas confortable et ne le sera jamais. Partir du principe que ton repentir te donnera l’apaisement directement, c’est te mentir à toi-même.

Le repentir est lent, exigeant, et parfois il fait mal.

Non pas parce qu’Allah nous déteste, mais parce que notre âme n’est plus celle qu’elle était. Plus le temps avance, plus nos cœurs meurent. Et pour ceux qui restent conscients, arrive peut-être à ressentir le vide…le changement dans son comportement et son environnement : tu deviens plus toi. Tu deviens la version d’un corps mort.

Malheureux, car cette dounia te donnera envie de lui donner plus, et ce piège sera notre terrible combat.

Le repentir se divise en deux : l’extérieur et l’intérieur. Sachez que l’un sans l’autre, ton repentir est vide.

Le repentir extérieur doit être visible dans vos actes. Ce n’est pas juste arrêter ton péché, mais surtout le corriger, attention, ce qui peut l’être (comportement, injustice, tort causé). Le repentir intérieur se passe dans le cœur, avec un regret sincère, une prise de conscience réelle de la gravité du péché.

C’est incroyable comment la vie est remplie de fils très fins, car douter du pardon d’Allah est terrible, et douter de Son jugement l’est aussi.

Et c’est là que ta relation avec Allah prend place. Tu as déjà une réponse : être là, en train de se repentir, c’est déjà une fine partie du pardon d’Allah.

Il est Celui qui guide, Celui qui change les cœurs.

Donc n’oublie jamais que revenir, c’est déjà un début de pardon.

Car c’est ce qu’on ne nous dit pas assez. Parce qu’on veut rendre le repentir ferme, responsabiliser nos actes, mais Allah connaît les êtres qu’Il a créés.

Tu me diras Lamiss, pourquoi je le ressens encore ? Pourquoi je sens que les traces de mes péchés sont visibles ? Rien ne part, rien ne se supprime ? Je te dirai qu’Allah pardonne, mais le cœur, lui, se souvient. Comme il se souvient de ses souvenirs, des gens qu’on a aimés et de ce qui nous a fait du mal.Le cœur est le moteur de notre âme, de notre être. C’est pour ça que j’aime entendre mon cœur battre, parce qu’il est en vie. Et tant qu’il est en vie, je sais que je peux encore me repentir.

Car les péchés laissent des marques : dans nos réflexes, nos habitudes, nos limites, notre rapport aux autres et notre regard sur nous-mêmes.

Le repentir efface la faute, nous rapproche d’Allah, mais il ouvre un chantier intérieur.

Voilà pourquoi le repentir est si terriblement éprouvant :

car nous sommes plus durs, plus dégoûtés de nous-mêmes, plus conscients, plus indulgents.Nous sommes faibles et surtout fragiles.On a grandi dans la peur : la peur d’être oubliés des autres, mais surtout d’Allah. La peur de recommencer. La peur de ne pas être assez dignes de demander pardon. La peur d’être hypocrites après une période où nous avons été parmi ceux qui se détournent du bon comportement et obsèdé par l’amour de cette dounia.

Mais nous devons comprendre une chose, une seule le repentir commence après, ou plutôt à ce moment-là où ton cœur hurle.

Le combat commence.

On croit que le plus dur, c’est de s’arrêter, mais en réalité, le plus dur, c’est tenir.

C’est éviter. C’est ne plus recommencer et c’est aussi être conscient que nos âmes aiment cela. Oui, oui, c’est bien ce que tu as lu.

C’est d’aimer ses péchés, mais c’est une vérité qu’on doit absolument assumer.

Si je dois vous donner un conseil que je me suis toujours appliqué, c’est d’être honnête avec vous-mêmes. Rien n’est bénéfique pour toi de mentir à ton âme, même pour l’apaiser (Pas besoin d’être dur, car vous avez aussi une responsabilité envers votre nafs.)

Juste être véridique comme tu veux l’être avec quelqu’un que tu aimes : lui dire la vérité, lui dire ce qu’il doit entendre pour son bien.

Reste véridique avec toi-même, même si tu commets le pire des péchés.

Ça te permettra de revenir, de comprendre, de viser juste si tu connais ton état d’âme, tu sauras par où commencer.

Tenir après le repentir est dur car les habitudes reviennent , les anciennes portes restent accessibles. Tes fréquentations sont peut-être encore les mêmes.

La solitude intérieure apparaît et laisse place à tes pensées négatives celles qui te rappellent que peut-être tu ne seras jamais pardonné, et que ça n’en vaut pas la peine.

Le repentir n’est pas une fin, c’est un point de départ.


Parce que tu vas retomber encore mais tu dois comprendre qu’on peut être sincère et retomber.

Parce que c’est une éducation de l’âme, un cheminement, une décision sincère.

Mais nous sommes des êtres fragiles qui rechutent, parce qu’on se connaît peut-être mal, ou qu’on a fait les choses d’une mauvaise manière.

Mais retourné encore et encore.

Rendre ton repentir encore plus ferme, plus intense.

Car la douleur de retourner là où tu as promis à Allah de ne plus jamais repartir est, je crois, la pire des douleurs.

Ce sentiment de honte ne doit pas vous faire croire que vous êtes hypocrites.

Loin de là c’est humain parce que le repentir brise l’illusion du “je gère”.

Il nous met face à une réalité nous sommes des êtres faibles, sans contrôle total de nos âmes, encore moins une discipline parfaite ou une force intérieure suffisante. Nous manquons de savoir et d’amour d’Allah, nos cœurs sont brisés ,nos âmes sont épuisées sans aucune éducation, remplies d’orgueil, de jugement, de mensonge, de jalousie.

C’est précisément ce qui rend le repentir éprouvant.

Parce que changer vraiment, c’est renoncer à soi, à eux, abandonner des versions de soi.

Je crois que c’est la partie la plus effrayante.

La voir parfois revenir, cette version de soi, est terrifiant.

Et surtout éprouver la douleur de revoir le retour d’une âme en colère, une âme avec un cœur vide, fait mal parce qu’elle est juste une version rassurante, qui ne te demande pas d’effort ni de maîtrise de soi.

Personne ne nous apprend la lenteur de ce cheminement.

Car on vit dans une époque pressée, alors que le repentir peut durer.

Tu dois te reconstruire, et c’est normal.

Le repentir le plus difficile n’est pas celui de la panique ni la peur, mais celui de l’amour car c’est pas la peur qui fait revenir, c’est la confiance, l’amour envers Allah.

Alors si c’est difficile, c’est que c’est le bon chemin

Si le repentir était simple, il ne transformerait pas autant.

S’il était instantané, il ne purifierait pas le cœur.

Et s’il était confortable, il ne serait jamais un acte d’adoration.

Le repentir est éprouvant parce qu’il est sincère.

Et sachez que tant que l’on revient, même lentement, le chemin est toujours ouvert.

Ne doutez jamais d’Allah, ni de votre capacité à être meilleur.

Rien ni personne ne doit compter.

Aucun être ne pourra donner son avis ou douter de ce qu’il y a dans vos cœurs.

Rappelez-vous que ce cheminement vous appartient, à vous seuls.

Alors même si le monde vous pointe du doigt, vous êtes les seuls à être conscients de votre état d’âme.

Personne ne vous prendra la main.

Personne ne pleurera vos péchés à votre place.

Personne ne viendra blanchir vos cœurs.

Et même après ta mort, personne n’aura le temps de penser à toi.

Alors ne sacrifie pas l’amour d’Allah pour les autres.

Nafs à Nafs

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