Ramadan et hormones : quand le corps influence le cœur

Chaque Ramadan, on s’imagine souvent vivre le même scénario : un mois de foi intense, de sérénité, de discipline et de remise en questions
Et pourtant, la réalité est parfois différente.
Un jour on se sent profondément apaisée. Le lendemain, on est irritable, fatiguée, presque émotive sans vraiment comprendre pourquoi.
On se dit parfois que c’est spirituel, que c’est une question de motivation ou de foi. Mais il y a une autre dimension dont on parle rarement : le corps.
Car pendant Ramadan, notre corps change de rythme. Et ces changements influencent beaucoup plus notre cœur et nos émotions qu’on ne l’imagine.
Le jeûne n’est pas seulement une adorations religieuse C’est aussi une transformation physiologique.
Pendant la journée, le corps apprend à fonctionner sans nourriture ni eau pendant plusieurs heures. Le rythme du sommeil change, les nuits deviennent plus courtes, les repas sont déplacés tard dans la soirée et très tôt le matin. Et surtout souvent tres peu équilibrer
Dans ce nouveau rythme, plusieurs hormones jouent un rôle important.
Le cortisol, l’hormone liée au stress et à l’énergie, peut augmenter lorsque le sommeil est perturbé. Cela peut provoquer de la fatigue, de la nervosité ou une sensation de tension intérieure.
La ghréline, l’hormone de la faim, fluctue également pendant les premiers jours de jeûne. Elle peut expliquer pourquoi certaines personnes ressentent une irritabilité ou une impatience inhabituelle en milieu de journée.
Le manque de sommeil influence aussi la mélatonine, l’hormone qui régule le cycle du sommeil. Quand ce rythme est perturbé, l’humeur peut devenir plus fragile.
Autrement dit : pendant Ramadan, le corps travaille beaucoup pour s’adapter.
Et parfois, nos émotions suivent simplement ce mouvement.
Beaucoup de personnes remarquent que leurs émotions sont plus fortes pendant Ramadan.
On peut se sentir plus sensible, plus touchée par certaines paroles, ou au contraire plus impatiente que d’habitude. Certaines journées semblent être normal, d’autres sont plus lourdes.
Ce n’est pas toujours le signe dune âme faible.
C’est aussi le résultat d’un équilibre délicat entre le corps, l’esprit et l’âme.
Le Ramadan nous rappelle alors une chose essentielle : nous sommes des êtres complets, faits de chair et de cœur.
Paradoxalement, ces moments d’inconfort peuvent aussi devenir des révélateurs.
Le jeûne ralentit le rythme habituel de la vie. Il nous met face à nous-mêmes, sans distractions constantes, sans le refuge automatique de la nourriture ou des habitudes quotidiennes.
Certaines émotions remontent à la surface.
Certaines pensées deviennent plus claires.
Ce que l’on ressent pendant Ramadan n’est pas toujours une faiblesse. Parfois, c’est simplement une lucidité nouvelle.
Le corps fatigue, et le cœur devient plus sincère.
Prendre soin de son sommeil, manger de manière équilibrée au suhoor et à l’iftar, ralentir le rythme lorsque c’est possible….
Comprendre que le corps influence l’humeur permet d’avoir plus de douceur envers soi-même.
Certains jours, la foi se ressent avec intensité.
D’autres jours, elle est plus discrète.
Et c’est normal.
Le Ramadan est un mois de transformation, mais aussi un mois d’apprentissage : apprendre à observer ses émotions, à comprendre son corps, et à cultiver la patience, même lorsque l’énergie est basse.
Certaines nourritures ont toujours été connues pour leurs bienfaits pendant les périodes de fatigue ou de faiblesse. Parmi elles, il y a la talbina, une préparation simple à base d’orge.
Le Prophète ﷺ recommandait la talbina pour apaiser le cœur et redonner de la force. C’est une nourriture douce, facile à digérer, qui apporte de l’énergie sans alourdir le corps.
Recette simple de la talbina
Ingrédients :
- 2 cuillères à soupe de farine d’orge
- 1 bol de lait ou d’eau
- 1 cuillère de miel
- Vanille
- (optionnel) quelques dattes ou un peu de cannelle
Préparation :
- Mélanger la farine d’orge avec le lait ou l’eau.
- Faire chauffer doucement en remuant jusqu’à obtenir une texture crémeuse.
- Ajouter le miel à la fin.
- Servir chaud.
Les tisanes pour apaiser le corps
Camomille
La camomille est parfaite après l’iftar.
Elle aide à se détendre et favorise un meilleur sommeil, ce qui est précieux lorsque les nuits sont courtes.
Verveine
La verveine est connue pour calmer les tensions et aider à la digestion. Idéale après un repas du soir un peu copieux.
Menthe
La menthe est très agréable après l’iftar. Elle aide la digestion et apporte une sensation de fraîcheur.
Gingembre
Le gingembre peut aider à lutter contre la fatigue et soutenir l’énergie, surtout lorsqu’on se sent un peu faible pendant le mois.
Pour finir on parle souvent de nourrir l’âme pendant Ramadan.
Mais on oublie parfois que l’âme vit dans un corps.
Notre corps n’est pas seulement un outil qui nous accompagne dans la vie quotidienne. C’est une amāna, une responsabilité qui nous est confiée.
Prendre soin de lui n’est pas secondaire.
Lorsque l’on comprend que tout est lié le sommeil, la nourriture, les émotions, la spiritualité on devient plus douce avec soi-même. Plus attentive. Plus consciente.
Le Ramadan ne nous demande pas d’être parfaites.
Il nous invite simplement à avancer avec sincérité, en prenant soin de ce qui nous a été confié :
notre cœur, notre âme… et ce corps qui les porte.
Nafs a Nafs



